Dans le cadre d'une chimiothérapie et d'un traitement prolongé par perfusion veineuse, une "chambre implantable" est mise en place. Les produits utilisés dans ces perfusions sont souvent agressifs et nécessitent d’être injectés dans des veines de gros calibre. Les veines au niveau des bras sont fragiles, peuvent être abîmées avec ce type de produits et devenir inutilisables.
Aussi pour faciliter les perfusions et les injections pendant les traitements, il est nécessaire de mettre en place un « accès veineux central ».
C’est un système comportant un réservoir relié à un cathéter et totalement implanté sous la peau par une incision de 2 à 3 cm au cours d’une intervention chirurgicale le plus souvent sous anesthésie locale au bloc opératoire.
Ce dispositif appelé « chambre implantable » permet de préserver confort et activités quotidiennes. Il n’est plus apparent une fois l’incision cicatrisée (environ 1 semaine). On sent et on voit simplement un petit renflement lorsque l’on passe les doigts dessus.
Le cathéter sera posé par un médecin anesthésiste ou par un chirurgien dans l’unité ambulatoire du 1er étage de l'Institut Mutualiste Montsouris et le geste durera en moyenne 45 mn. Au total, le patient doit rester environ 3h dans l’unité de chirurgie ambulatoire pour surveillance.
La chambre implantable peut être conservée sans difficulté et sans entretien particulier pendant des mois voire des années.
Recommandations
Avant la pose :
- Informez votre médecin de tout traitement que vous prenez, en particulier les traitements anticoagulants comme le préviscan ou lovenox et les antiagrégants comme le plavix.
- Signalez également toute allergie connue (antibiotique, sparadrap, iode, etc) au médecin qui demande la pose du cathéter ou à l’anesthésiste si vous avez une consultation au préalable.
La veille et le jour même :
- L’intervention sera réalisée à partir de 14h, prenez votre petit déjeuner entre 8h et 9h. Vous pouvez boire de l’eau jusqu’à midi puis restez à jeun jusqu’à l’intervention.
- Vous devez prendre une douche et faire un shampoing avec de la Bétadine Scrub (savon antiseptique rouge ou si intolérance à la Bétadine, Hibiscrub) la veille et le matin avant votre hospitalisation en ambulatoire (voir la technique ci-dessous).
2 douches sont nécessaires pour la préparation cutanée pré–opératoire.
Technique de la douche avec le savon liquide antiseptique :
- Mouiller à l’eau soigneusement la tête et l'ensemble du corps
- Laver les cheveux et la tête avec le savon liquide antiseptique
- Faire mousser (jusqu'à ce que la mousse se décolore pour la Bétadine® Scrub)
- Ne pas rincer la tête
- Puis laver tout le corps avec le savon antiseptique en commençant par le haut du corps. Insister sur :
- Les oreilles y compris derrière les oreilles
- Les aisselles
- Le nombril
- Les pieds et entre les orteils
- Savonner en dernier les régions des organes génitaux et du pli inter fessier
- Faire mousser (jusqu'à ce que la mousse se décolore pour la Bétadine® Scrub)
- Se rincer tête et corps abondamment
- Renouveler une seconde fois les opérations de lavage (n°1 à 5)
- Se sécher tête et corps avec une serviette propre
- Revêtir des vêtements propres
- Une fiche d’information patient vous sera remise par le service Ambulatoire. Le service Ambulatoire est joignable au 01 56 61 61 65.
- Présentez vous à l’heure de votre convocation aux caisses « Rue des consultants » qui vous dirigeront vers le service Ambulatoire 1er étage).
Après la pose
- En salle de réveil, une radio des poumons est réalisée pour vérifier la bonne position du cathéter
- Vous êtes surveillé(e) pendant au moins 1 heure après la pose
- Un accompagnant est indispensable pour votre retour à domicile. Evitez de conduire le jour de l’intervention.
- le médecin anesthésiste ou le chirurgien vous remettra à votre sortie les documents suivants :
- Une ordonnance de médicaments antalgiques,
- Une carte nominative comportant les caractéristiques du dispositif posé,
- Le compte-rendu opératoire de votre intervention,
- Une ordonnance pour les soins de la cicatrice par une infirmière à domicile,
- Un bon de transport si nécessaire,
- Un arrêt de travail si besoin.
Conseils et hygiène de vie
- Gardez votre pansement pendant 2 jours. Un contrôle visuel de la cicatrice sera fait par une infirmière de ville et le pansement sera refait si nécessaire. Si des fils sont utilisés, ils sont résorbables et ne nécessitent pas d’être enlevés.
- Pendant ces 2 jours, les douches sont possibles en appliquant sur le pansement en place, une protection imperméable pour la douche (type pansement tegaderm ®, grand modèle).
- Votre perfusion dans la chambre implantable pourra débuter 8 jours après la pose à l’hôpital.
- Vous pourrez pratiquer une activité sportive en évitant toutefois celles qui demandent des mouvements violents du bras (exemples : tir à l’arc, tir à la carabine, chasse, tennis, golf, sports de combat). La natation est tout à fait compatible dès la cicatrisation terminée.
- Le dispositif est compatible avec les examens radiologiques type scanner, IRM…
- Vous pouvez voyager en avion. Signalez lors de votre passage au contrôle de sécurité que vous portez un site implantable. Pensez à prendre la carte nominative du dispositif.
- L’utilisation de ce dispositif n’est pas faite pour les prélèvements ou transfusions sauf autorisation de votre oncologue.
Complications possibles
Des complications peuvent survenir, ils peuvent être de trois types :
Complications infectieuses
Si vous avez de la fièvre, des frissons, des sueurs, des douleurs autour du site implantable, une rougeur de la peau, une induration, du pus.
Des prélèvements de sang sur le site et voie veineuse seront alors réalisés pour déterminer le diagnostic et des antibiotiques seront débutés. Le retrait du site peut être parfois nécessaire.
Complications mécaniques
- Si le cathéter se bouche par une formation de dépôt de sang ou de graisses par exemple, l’utilisation de produits spécifiques pourra alors être décidée pour déboucher le site
- De manière très rare, peuvent survenir une rupture du cathéter, un déplacement du dispositif, une désunion entre le cathéter et la chambre. Ces différentes complications peuvent entraîner ce que l’on appelle une extravasation, c'est-à-dire la diffusion du produit injecté dans les tissus environnants. Ces complications sont mises en évidence par le personnel hospitalier lors de l’utilisation du site. Ces complications sont extrêmement rares.
Complications thrombo-emboliques
- Une thrombose (formation d’un caillot de sang) de la veine à laquelle est relié le cathéter peut se produire. Les symptômes pourront être œdème, douleur, gonflement du bras ou du cou. Cependant, la plupart des thromboses ne se traduisent par aucun signe et ce sont les dysfonctionnements du dispositif constatés par les soignants qui permettent de les suspecter.
- Une radiographie des poumons, voire une échographie doppler, seront réalisées pour confirmer le diagnostic et un traitement nticoagulant sera instauré pour éliminer le caillot.
- La poursuite du traitement se fera ensuite normalement dans la plupart des cas.
En cas de complications, merci de contacter :
Du lundi au vendredi de 8h à 19h :
- L’équipe du département d’oncologie médicale au 01 56 61 60 25
- L’équipe du département thoracique au 01 56 61 62 12 ou 01 56 61 62 21
Après 19 h, les week-ends et jours fériés :
- Merci d’appeler le standard et demander le médecin de garde de l’Institut Mutualiste Montsouris au 01 56 61 62 63
Pour toute information complémentaire, n’hésitez pas à poser vos questions lors de la pose du cathéter au chirurgien ou médecin anesthésiste.
Votre médecin oncologue ou votre infirmière d’annonce sont là pour répondre à vos questions pendant toute la durée de votre traitement.
N'hésitez pas à les prévenir si vous ressentez les symptômes décrits dans ce document