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Les exérèses pulmonaires majeures

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Spécialités

Définitions

Le terme "Résection Pulmonaire Majeure" signifie ablation soit d’une partie d’un lobe pulmonaire (segmentectomie) soit d’un lobe (lobectomie), soit l’ablation d’un poumon entier (pneumonectomie). Ces exérèses sont dites anatomiques et sont des interventions plus importantes que les résections dites atypiques (Voir à ce sujet la fiche d’information “Nodule pulmonaire”)

Lobectomies et Segmentectomies

Le poumon droit comporte 3 lobes (supérieur, moyen et inférieur) et le poumon gauche 2 lobes (supérieur et inférieur). Après une lobectomie, le ou les lobes restants occupent progressivement le volume laissé libre par le lobe enlevé. Dans certains cas, seule une partie d’un lobe pulmonaire peut être enlevée (Segmentectomie).

Elle représente un tiers ou la moitié du lobe.

Pneumonectomies

Lorsqu’un poumon est enlevé en totalité, il reste à sa place une cavité qui se comble progressivement de sérosités naturelles. Il est rare, mais possible, qu’une intervention de lobectomie se termine en pneumonectomie pour les raisons suivantes : lésion plus importante que prévue, découverte d’une extension à l’ensemble du poumon, difficulté technique imprévue… Cette intervention plus importante que celle envisagée initialement n’est faite que si les Explorations Fonctionnelles Respiratoires (EFR) préopératoires montrent que vous pouvez supporter cette opération.

Thoracotomie

Le plus souvent, l’intervention est faite par une ouverture du thorax appelée thoracotomie. Selon les cas, il existe de nombreux types de thoracotomie. Les 2 plus utilisées sont :

Thoracoscopie

Dans certains cas précis, une lobectomie ou une segmentectomie peuvent être faites par thoracoscopie, c’est-à-dire sans ouverture du thorax. Voir à ce sujet la fiche d’information “Thoracoscopie » et la fiche d’information “Lobectomies par Thoracoscopie »

Anesthésie

L’intervention a lieu sous anesthésie générale. Ses modalités vous seront expliquées lors de la consultation d’anesthésie. L’anesthésiste peut avoir besoin d’examens pré-opératoires spécialisés (explorations fonctionnelles, scintigraphie de ventilation-perfusion, échographie cardiaque, etc…) pour savoir si vous pouvez être opéré dans de bonnes conditions. Il est important que vous arrêtiez de fumer avant l’intervention. (En théorie, l’arrêt du tabac devrait avoir lieu plusieurs mois avant l’intervention. En pratique, la nécessité de traiter rapidement votre maladie nécessite souvent une intervention rapide.) Continuer à fumer vous expose à des suites opératoires plus délicates. Il vous sera parfois prescrit des séances de kinésithérapie respiratoire à faire avant l’intervention. Elles visent à faciliter les suites de l’opération et vous aident à récupérer plus facilement.

Durée d’intervention

L’intervention dure de 2 à 5 heures, selon les difficultés rencontrées. Après l’intervention, vous resterez en salle de réveil pour une durée variable selon la longueur et la difficulté de l’opération (en général, 2 à 4 heures).

Suites opératoires

• Douleur post-opératoire

Certaines thoracotomies peuvent être plus douloureuses que d’autres incisions. Toutefois, de multiples possibilités analgésiques permettent actuellement de réduire au minimum l’inconfort post-opératoire : Cathéter péridural, médicaments morphiniques, analgésie auto-contrôlée… Ces différentes possibilités vous seront expliquées lors de la consultation d’anesthésie.

• Encombrement bronchique

Si vous fumiez avant l’intervention ou si vous avez un terrain bronchitique, vous pouvez présenter un "encombrement" de vos voies aériennes. Vous serez pris en charge par un(e) kinésithérapeute spécialisé(e) qui vous aidera à surmonter ce problème.

• Drains

Après une lobectomie, vous vous réveillerez avec 2 drains thoraciques (c’est à dire avec 2 tuyaux) reliés à un dispositif stérile. Ces drains ont pour but d’aspirer l’air et les sécrétions résiduelles. Ils permettent au poumon de se reexpandre. Ils sont enlevés entre le 3e et le 8e jour post-opératoire. Dans certains cas rares, il est nécessaire de les laisser plus longtemps.

Sortie

Elle a lieu entre le 6e et le 15e jour, selon les cas.

Le plus souvent vous pouvez regagner votre domicile, sans soins infirmiers, avec une prescription de kinésithérapie respiratoire à domicile pendant 2 à 4 semaines.

Plus rarement, il peut être nécessaire que vous séjourniez en maison de convalescence. Cette possibilité serait alors évoquée lors de la consultation. Vous serez revu par le chirurgien avec une radio pulmonaire de contrôle au bout d’un mois. Vous devrez également être revu par le ou les médecins qui vous ont pris en charge.

Dans certains cas particuliers, un traitement complémentaire (radiothérapie et/ou chimiothérapie) sera effectué dans les semaines qui suivent votre sortie. La décision de faire ce traitement est prise de façon collégiale (Réunion de concertation pluridisciplinaire) au cours d’une réunion entre le chirurgien et les médecins traitants, après les résultats définitifs de l’examen de la pièce opératoire (examen anatomo-pathologique).

Complications et événements indésirables

Dans la grande majorité des cas, vous pourrez regagner votre domicile avant 2 semaines, sans autre soin qu’une éventuelle prescription de kinésithérapie respiratoire. Mais des complications, bien que rares, sont toujours possibles.

• Après une lobectomie

La complication la plus banale mais peu grave est le "bullage persistant", c’est-à-dire la nécessité de laisser les drains plus longtemps que prévu, soit en raison d’une fuite d’air, soit parce que le poumon restant a du mal à se regonfler complètement.

Une complication infectieuse (pneumopathie, pleurésie, abcès) est également possible et en général facilement contrôlée par les traitements médicaux.

• Après une pneumonectomie

Les suites sont en général simples et rapides du fait de l’absence de drainage post-opératoire. Dans de rares cas (5%) peut survenir une infection de la cavité résiduelle qui nécessite alors un traitement prolongé.

• Dans tous les cas

Des événements rares peuvent survenir. Ils ne sont signalés qu’à titre d’information :

Rédacteur : Dr Dominique Gossot
Dr D. Gossot, Dr E. Brian, Dr R. Caliandro, Dr D. Debrosse, Dr P. Girard, Dr M. Grigoriou, Dr D. Natali, Dr JB. Stern, Département Thoracique, Institut Mutualiste Montsouris - Mise à jour le 25/08/2011 - Téléchargez la version imprimable de cette fiche en cliquant ici.
Mise à jour  Fevrier 2012

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