Le but de cette fiche n’est pas d’informer sur les maladies qui nécessitent une thymectomie mais d’expliquer les principes et les modalités de l’intervention.
Le thymus
Le thymus est situé dans une région anatomique appelée le “Médiastin antérieur”, derrière le sternum, entre les deux poumons. Il a grossièrement la forme d’un papillon. Le thymus est surtout développé chez l’enfant chez qui il joue un rôle important dans la mise en place des défenses immunitaires. Sa taille diminue progressivement avec l’âge.
Indications de l’ablation du thymus
Il peut être nécessaire d’enlever le thymus dans 2 cas :
pour traiter certaines myasthénies
pour enlever une tumeur développée dans le thymus. Cette tumeur est le plus souvent un thymome, parfois une tumeur germinale (tératome par exemple)
But de l’intervention
Myasthénie : le but est l’ablation complète du thymus et du tissu graisseux attenant.
Thymomes : le but est l’ablation complète du thymus, du tissu graisseux attenant, et parfois des organes de voisinage en cas d’envahissement (plèvre, fragment de poumon...)
Tumeurs bénignes rares du thymus : l’ablation de la tumeur est suffisante.
Anesthésie
L’intervention est faite sous anesthésie générale. Même en l’absence de myasthénie, il est le plus souvent effectué un bilan visant à ne pas méconnaître une myasthénie associée (Electromyogramme, recherche d’Anticorps anti-RAch). Ces données sont importantes pour l’anesthésie.
Intervention
Il existe de nombreuses techniques permettant d’enlever le thymus :
en ouvrant le thorax (thoracotomie ou sternotomie)
en ouvrant le thorax et le cou (cervicotomie)
en ouvrant le cou seulement
par thoracoscopie unilatérale (Thorax fermé)
par thoracoscopie bilatérale
par thoracoscopie bilatérale associée à une cervicotommie
Les indications de ces techniques dépendent :
de la présence ou non d’une tumeur du thymus
de la taille de cette tumeur
de la nécessité ou non de faire une exérèse complète du thymus
de l’expérience et des habitudes de l’équipe concernée.
Nous ne détaillons ici que les techniques pratiquées par le département Thoracique de l’IMM, ce qui ne signifie pas que les autres techniques n’ont pas également leur intérêt.
Schématiquement :
Tumeur du thymus de grande taille et/ou ayant un aspect mal limité : intervention à thorax ouvert par sternotomie ou thoracotomie .
Tumeur de petite taille bien limitée : thoracoscopie bilatérale.
Myasthénie sans tumeur ou avec tumeur de petite taille : thoracoscopie bilatérale associée à une cervicotomie.
Hospitalisation et sortie
Quelle que soit la voie d’abord (sternotomie ou thoracoscoscopie), 1 ou 2 drains pleuraux sont laissés en place pendant 1 à 3 jours. La durée d’hospitalisation est de 2 à 8 jours selon la technique utilisée. La durée de convalescence dépend également de la technique utilisée. Elle varie de 15 à 30 jours. En cas de thymome, une radiothérapie complémentaire peut être décidée pour prévenir les récidives locales. Son indication dépend du stade du thymome, défini par l’examen anatomo-pathologique définitif.
Incidents possibles
En cas d’insuffisance respiratoire liée à la myasthénie, celle-ci peut être transitoirement aggravée et nécessiter une hospitalisation en réanimation.
En cas de thymome envahissant le nerf phrénique (nerf du diaphragme), il est parfois nécessaire de sectionner ce nerf.
Après sternotomie, les suites sont le plus souvent très simples. Dans quelques rares cas, une infection du sternum peut survenir, surtout en cas de déficit immunitaire associé à un thymome. Cette infection peut nécessiter des soins prolongés.