Un pneumothorax survient lorsque de l’air s’échappe du poumon (par exemple à l’occasion d’une plaie pulmonaire lors d’un traumatisme, ou lors de la rupture d’une "bulle"). La cavité thoracique n’étant pas expansible, cet air finit par comprimer le poumon, provoquant douleur et difficulté respiratoire. Le traitement est indispensable, parfois en urgence.
Une bulle se présente comme une « bulle de savon » à la surface du poumon. Elle communique ou non avec les alvéoles pulmonaires. Elle peut se rompre spontanément ou lors d’un effort.
On classe les pneumothorax en 2 types :

Lorsque le pneumothorax est bien toléré et que le poumon est peu décollé, le repos simple suffit souvent à faire revenir le poumon en situation normale.
Lorsque le pneumothorax est mal toléré ou lorsque le poumon est très décollé, il faut aspirer l’air emprisonné entre le poumon et la paroi thoracique. Ce geste est appelé "drainage thoracique". Il consiste à placer un tube de quelques millimètres de diamètre, sous anesthésie locale, entre 2 côtes. Si le pneumothorax se résout rapidement (1 à 5 jours), le drain est enlevé. S’il ne se résout pas rapidement (ce qui se traduit par un “bullage” persistant par le drain), il faut envisager une intervention.
Lorsque le pneumothorax est récidivant, une intervention peut être proposée d’emblée.
On opère un pneumothorax dans les circonstances suivantes :
L'intervention se déroule sous anesthésie générale.
Dans la majorité des cas, elle est faite sans ouverture du thorax, par thoracoscopie.
Par rapport à une chirurgie thoracique "conventionnelle", l'intervention par thoracoscopie consiste à remplacer une longue cicatrice et ses conséquences (sections musculaires, écartement des côtes...) par 3 orifices de 10 mm à 12 mm de diamètre, et dont le nombre est compris entre 3 et 4. Ces orifices cutanés correspondent à l'introduction dans la cavité pleurale d'un endoscope (ou optique) relié à une caméra et aux instruments nécessaires à l'intervention. Certaines circonstances (adhérences pleurales, séquelles de maladies pulmonaires, anomalies anatomiques, difficultés techniques, complications imprévues...) peuvent nécessiter de convertir l'intervention en chirurgie conventionnelle avec ouverture thoracique. Cette éventualité est très rare (< 5%) pour les pneumothorax primaires, plus fréquente pour les pneumothorax secondaires.
En fin d'intervention, 2 drains pleuraux (tubes de 10 mm de diamètre sortant de la cavité pleurale, et reliés à une valise stérile) sont placés. Ils servent à aspirer l'air et les sécrétions pleurales postopératoires et sont laissés en place de 1 à 5 jours. Sauf cas particulier, le patient quitte l'hôpital le lendemain de l'ablation du dernier drain.
La durée d’hospitalisation varie en fonction de la rapidité avec laquelle les drains peuvent être enlevés. Elle est en moyenne de 4 jours. Elle est parfois de 10 à 15 jours dans certains cas de pneumothorax secondaires.
Le fait que l'intervention soit réalisée par thoracoscopie ne doit pas occulter le fait qu'il s'agit d'une chirurgie du thorax avec ses possibles complications et les complications de l'anesthésie générale.
Ces complications sont cependant très rares et données à titre d’information :
Le taux de récidive publié par les différentes équipes est compris entre 3 et 5 %. Il faut cependant signaler que ces récidives sont le plus souvent partielles et sans conséquence. Elles ne nécessitent que très rarement une nouvelle intervention.
Oui. Trois à 4 semaines après l’intervention, vous pouvez mener une vie normale sur tous les plans, y compris sportif.
Sont déconseillés pendant les 15 premiers jours : les efforts musculaires violents (port de charge lourde) et les voyages en avion.
En fonction de votre activité professionnelle, l’arrêt de travail post-opératoire sera de 1 à 3 semaines. Sauf avis contraire, vous serez revu en consultation par le chirurgien au premier mois postopératoire.
Les pneumothorax cataméniaux surviennent chez la femme, presque toujours du côté droit, et sont liés à une maladie gynécologique appelée Endométriose. Ils peuvent être suspectés lorsque des douleurs thoraciques droites surviennent pendant les règles. Ils sont traités de la même façon qu'un pneumothorax ordinaire mais récidivent parfois, même après intervention. Une prise en charge gynécologique avec un traitement hormonal postopératoire sont le plus souvent indispensables.
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